Le Circuit des Forges et des Fondeurs : sur les traces du fer et du feu
C’est entre Wassy, Saint-Dizier et Joinville que la Haute-Marne a bâti sa réputation d’« arsenal de la France », produisant canons, plaques et pièces mécaniques pour tout le pays, dès le XVIIIe siècle (source : Archives départementales de Haute-Marne). Le Circuit des Forges propose plusieurs étapes :
- Blumenroeder à Gudmont-Villiers
: Installation sidérurgique toujours en activité, l’une des dernières fonderies artisanales d’art en Europe. On y découvre les secrets des pièces monumentales exportées dans le monde entier (comme les bouches du métro parisien d’Hector Guimard).
- Écomusée de la Forge à Dommartin-le-Franc
: L’ancienne forge, classée Monument Historique, offre une scénographie immersive, avec machines d’époque, démonstrations de moulage, et témoignages d’ouvriers. Une étape précieuse pour comprendre la fabrication des fontes d’art et leur importance, notamment pour l’urbanisme de Paris ou Londres au XIXe siècle (source : Parc national de forêts).
- Château de Montier-en-Der
: Son parc abrite d’anciens moules et exemplaires de fontes d’art, témoignant de la créativité locale.
Cet itinéraire se parcourt idéalement sur deux jours. Des visites guidées sont régulièrement proposées, notamment lors des Journées du Patrimoine Industriel (mai) ou des Rendez-vous aux Jardins (juin).
Le Triangle d’Argonne : la mémoire du fer et du bois
Moins connu, ce circuit relie Bayard-sur-Marne, Eclaron et Doulaincourt. Il dévoile une industrie ferroviaire tournée vers la matière première locale : le bois de chêne. Sur le chemin des Halles à Eclaron, un panneau explique le rôle du bois dans le fonctionnement des hauts-fourneaux traditionnels. Un détour par l’ancien site des ferrières de Bayard (visite libre) permet d’apercevoir les vestiges d’une ère révolue, avec ses ruines de fours et ses étangs retenus par d’antiques barrages.
A l’occasion, des bénévoles animent des visites commentées, émaillées d’anecdotes telles que la fourniture d’obus et de rails pendant la Grande Guerre : à l’apogée de la production, l’Argonne haut-marnaise employait près de 2 000 ouvriers (source : L’Est Républicain, 2019).