Certains itinéraires offrent plus qu’un paysage : ils racontent un pan de la petite et de la grande histoire. Voici quelques suggestions de balades, mêlant sentiers balisés, géocaching ou chemins de traverse, riches d’anecdotes sur les lieux et leurs noms.
Autour de la Pierre d’Arques et de la légende de la Vouivre
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Départ : Mairie d’Arc-en-Barrois
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Distance : 7 km (boucle)
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À voir : La Pierre d’Arques, la fontaine Saint-Hubert, bords d’Aujon
Dans la vallée luxuriante de l’Aujon, entre Arc-en-Barrois et les bois voisins, se trouve la Pierre d’Arques, un mégalithe dont la forme évoque celle d’un trône. Localement, on la relie à la légende de la Vouivre, créature serpentinesque aimant hanter les lieux d’eau et de pierre. Les raconteurs expliquent que la Vouivre viendrait, lors des nuits de pleine lune, s’enrouler autour de la pierre pour protéger son trésor caché (source : Archives départementales de la Haute-Marne, dossier Arc-en-Barrois).
La toponymie même d’Arc-en-Barrois rappelle une origine latine (« arx », la forteresse) puis reformulée par les moines de l’abbaye voisine au Moyen-Âge. Cette balade est l’occasion de découvrir pourquoi le village s’est construit autour de points d’eau et de vestiges celtes.
Langres, sur les traces du nom millénaire et ses récits fantastiques
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Départ : Office de tourisme de Langres
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Distance : 5 km (boucle sur les remparts)
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À voir : Remparts, Porte des Moulins, Tour de Navarre, Cathédrale Saint-Mammès
Langres, « Andematunnum » pour les Lingons au premier siècle avant notre ère, concentre plusieurs couches légendaires : Jules César y aurait fait halte, la ville aurait vu passer Attila. Le nom évolue au fil des empires, pour rappeler la « langue » de terre sur laquelle la cité se dresse, ainsi qu’un probable dérivé du gaulois « landa » (lande, terre inculte). La balade sur les remparts, avec ses 3,5 km de cheminement, offre une vue inédite sur les paysages où s’amalgament histoires militaires, miracles attribués à Saint-Mammès, et récits des invasions.
Une anecdote locale veut que la Tour Navarre, bâtie en 1511, ait accueilli des veilleurs chargés de prévenir par signaux lumineux l’approche de troupes ennemies, mais aussi de guetter le retour de la « Bête de Langres », un loup gigantesque qui terrorisa la région au XVIIIe siècle (voir : Société Historique et Archéologique de Langres).
Bologne, entre noms et récits de bandits de grand chemin
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Départ : Église Saint-Aventin de Bologne
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Distance : 9 km (chemin du Val-l’Ancêtre)
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À voir : Moulins désaffectés, la rivière Marne, ruines gallo-romaines
Bologne, dont le nom invite au voyage – sans rapport avec sa cousine italienne – vient du latin « Bologna », signifiant « petit marécage ». Ici, les récits content la présence de coupe-jarrets et de « ratapenades » (contrebandiers) qui utilisaient le gué sur la Marne pour fuir les gendarmes. Selon une tradition orale recueillie dès le XIXe siècle, le hameau du Val-l’Ancêtre abriterait la tombe oubliée d’un célèbre contrebandier surnommé « le Lièvre noir » (source : Bulletin des amis de Bologne, 1988).