Dès le Moyen Âge et jusqu’au début du XXe siècle, la Haute-Marne, largement rurale, n’a pas connu de réseau d’eau potable généralisé : l’eau courante est rare. Les fontaines, alimentées par des sources ou des rivières captées, formaient alors des points névralgiques. Elles servaient à puiser l’eau domestique, abreuver les bêtes ou encore laver le linge. Leur implantation, souvent centrale, détermine la carte même des anciens villages haut-marnais.
- Au Lavoir : De nombreuses fontaines-lavoirs, couverts ou à ciel ouvert, jalonnent tout le département. Le lavoir de Cirey-lès-Mareilles, abrité sous une imposante charpente, incarne cet art populaire.
- Abreuvoirs et bassins : Par exemple, à Froncles ou Louvemont, les grands bassins de pierre témoignent de l’importance de l’élevage en Haute-Marne, le bétail venant s’y désaltérer quotidiennement.
- Les fontaines « monumentales » : Dans des bourgs plus importants, on érigeait parfois de vraies œuvres d’art. À Chaumont, la fontaine de la Place de l’Hôtel-de-Ville, érigée en 1881, trône toujours fièrement avec ses sculptures élégantes.
Le recensement de Daniel Peter, pour l’Inventaire Général du Patrimoine [source : Patrimoine-Haute-Marne, Région Grand Est], dénombre plusieurs centaines de fontaines, abreuvoirs et lavoirs en Haute-Marne. Beaucoup sont datés du XIXe siècle, âge d’or de leur construction lors des campagnes d’adduction d’eau impulsées par Napoléon III.