Économiser sans rogner sur la liberté
L’un des premiers arguments avancés par les usagers des véhicules partagés est d’ordre économique. Posséder une voiture coûte, en moyenne, entre 4 500 et 6 000 € par an en France (source : Automobile Club Association, 2022). Pour des foyers modestes, notamment les jeunes ou les retraités, partager un véhicule représente rapidement une source d’économie substantielle. L’autopartage, souvent accessible à partir de 2 à 5 € de l’heure, permet d’accéder à un véhicule pour les courses, les rendez-vous ou les sorties ponctuelles, sans supporter le poids du coût annuel d’une automobile.
- Exemple local : À Froncles, une petite association gère une Kangoo de seconde main en autopartage entre six familles. Chaque mois, les recettes couvrent l’entretien et l’assurance, et les familles se réservent le véhicule via une simple application.
Répondre à la désertification des transports en commun
La raréfaction des lignes régulières et la difficulté de maintenir un service de bus efficace sur des territoires peu denses rendent le partage de voiture attractif. L’autopartage se révèle une béquille indispensable en attendant des solutions publiques plus efficaces. Plusieurs communautés de communes ont noué des partenariats avec des plateformes comme Mobicoop, ou développent leur propre service de « navette solidaire » (3).
Construire du lien social et lutter contre l’isolement
Dans ces villages où l’on se connaît, où l’on se rend service, ajouter une dimension organisée au partage de véhicule, c’est aussi valoriser les solidarités existantes. Covoiturage domicile-travail, trajets partagés pour aller au marché de Saint-Dizier, navettes inter-villages pour rejoindre le bus scolaire : le partage dépasse la simple question logistique et recrée du lien. « C’est plus agréable de faire route avec un voisin que d’avaler les kilomètres seul. On papote, on s’échange des infos, » confie une utilisatrice de la plateforme de covoiturage de Bologne.
La transition écologique, une attente grandissante
Le partage de véhicules entre aussi en résonance avec les préoccupations environnementales, même en zone rurale. Réduire le nombre de voitures en circulation, limiter l’artificialisation des sols liés aux parkings, mutualiser l’usage : ces pratiques contribuent à limiter les émissions de CO2. Selon l’ADEME, une voiture partagée en autopartage remplace jusqu’à huit véhicules particuliers (4). Dans un département encore majoritairement rural comme la Haute-Marne, le potentiel de réduction de l’empreinte carbone est réel. Un exemple : l’opération « Roulez Partagés en Champagne », portée par les acteurs locaux, a permis de mettre en circulation plus de 120 véhicules mutualisés en 2023.