L’accompagnement bénévole pour les déplacements médicaux en Haute-Marne repose sur une chaîne de solidarité locale essentielle, particulièrement en territoire rural. Il s’appuie sur des associations, des bénévoles, et des services publics qui assurent le transport des personnes fragilisées ou isolées vers leurs rendez-vous de santé. Le dispositif, souvent méconnu, implique :
  • Des structures locales comme ADRAD ou France Bénévolat qui coordonnent l’organisation
  • Des bénévoles formés, souvent retraités ou actifs disponibles, sensibles à l’isolement
  • Un mode de fonctionnement souple mais encadré, avec indemnisation modeste ou défraiement des frais kilométriques
  • Des publics variés : personnes âgées, malades chroniques, habitants isolés sans solution de mobilité
  • Un effet positif sur l’accès aux soins, mais des défis persistants liés à la démographie médicale et aux distances
  • Un besoin d’information, de renouvellement des bénévoles, et d’appui institutionnel pour pérenniser ce service
Le dispositif constitue un maillon souvent silencieux mais vital de la vie quotidienne haut-marnaise.

Quand la solidarité pallie l’éloignement : une nécessité rurale

Mieux comprendre l’accompagnement bénévole en Haute-Marne, c’est d’abord saisir les contraintes du territoire. Moins de 7 habitants au km² dans certaines zones (Source : INSEE, 2020), plus de 36 % de la population a plus de 60 ans (Recensement 2022). Les dessertes de transports publics sont faibles, la voiture reste reine. Pourtant, un tiers des plus de 75 ans ne conduit plus (ONISR).

Face à cette équation, le bénévole devient le chaînon qui relie l’habitant au système de soins. Ce sont des noms que l’on croise sur les panneaux d’affichage des mairies : « Besoin d’un déplacement médical ? Contactez ADRAD, France Bénévolat, ou la Maison des Solidarités. » La Haute-Marne compte une quinzaine de réseaux actifs, de Joinville à Wassy, de Chalindrey à Villiers-en-Lieu, reliant hameaux isolés et centres de santé.

Comment fonctionne le dispositif concrètement ?

À la différence des taxis conventionnés ou des ambulances, le transport bénévole s’adresse à tous ceux qui n’ont pas de solution de mobilité autonome : personnes âgées, patients atteints d’une pathologie chronique, invalides sans prescription de transport médicalisé, ou simplement habitants isolés sans famille proche.

  • La demande du bénéficiaire : Elle se fait généralement via une association locale (par exemple ADRAD à Saint-Dizier, ou France Bénévolat à Chaumont), mais parfois également par l’intermédiaire du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) ou du service social du Département. Le bénéficiaire appelle plusieurs jours avant la date de son rendez-vous.
  • L’organisation des trajets : Le coordonnateur bénévole cherche un conducteur disponible. Les bénévoles sont souvent retraités, sensibles à la solitude des aînés, ou actifs en disponibilité. Ils viennent chercher la personne à domicile, l’accompagnent le temps du rendez-vous (parfois plusieurs heures), puis la reconduisent.
  • L’indemnisation : La plupart du temps, le bénévole n’est pas salarié : il est remboursé de ses frais kilométriques à hauteur du barème fiscal, autour de 0,30 à 0,38€ le km, parfois pris en charge totalement par la personne, parfois partiellement grâce à la mairie ou à une caisse de retraite (notamment la Carsat, voir Service-public.fr).
  • L’accompagnement : Loin d’être un simple taxi, le bénévole instaure une relation humaine : écoute, attention, adaptation aux fragilités (marcher lentement, prêts d’un bras, parfois même remplir certains documents).

Quelles associations et structures proposent ce service ?

Chaque canton ou bassin de vie a ses propres relais. Voici un tableau synthétique qui présente les principales associations et organismes haut-marnais engagés dans l’accompagnement bénévole pour les déplacements médicaux :

Association/Structure Zone couverte Public concerné Contact / Source
ADRAD Nord Haute-Marne, Bassin de Saint-Dizier Personnes âgées, malades, sans solution de mobilité 03 25 07 36 18 - Site ADRAD
France Bénévolat Haute-Marne Chaumont, Joinville, Langres Tous publics isolés 03 25 32 51 59 - France Bénévolat
Les CCAS ou Maisons de solidarités Tous cantons Seniors, personnes précaires Renseignements en mairie
Secours Catholique / Croix Rouge Réseaux locaux ou cantonaux Personnes sans ressources, malades Voir associations respectives

D’autres petits réseaux existent parfois à l’échelle d’une commune, d’un EHPAD ou d’une caisse de retraite, souvent plus confidentiels, relayés par le bouche à oreille ou des assistantes sociales.

Des déplacements qui rendent la vie possible

Pour mesurer l’utilité de ces transports solidaires, il faut écouter ce qui se raconte sur les marchés ou à la sortie des cabinets médicaux. 80 % des déplacements solidaires concernent des trajets de 5 à 35 km, surtout pour des consultations de spécialistes, rendez-vous à l’hôpital ou séances de kinésithérapie (Source : ADRAD).

Les bénévoles évoquent la diversité des situations : Madame Maillard « toujours le sourire », qui ne veut pas déranger ses fils installés à Paris ; Monsieur André, veuf depuis peu, qui ne sort plus guère de sa maison de pierre ; ou encore ce couple dont la voiture est tombée en panne, un jeudi de grand marché à Joinville. Les trajets sont parfois courts, parfois se répètent chaque semaine tout au long d’une rééducation.

Outre la mobilité, il s’agit d’un maintien du lien social, vital dans un département où l’isolement peut guetter à tout âge. Plusieurs bénévoles racontent que, lors du premier confinement, la demande s’est effondrée, mais le téléphone, lui, n’a jamais cessé de sonner. La voiture, souvent, devient prétexte à la conversation comme une parenthèse dans la routine.

Modalités pratiques et conseils pour accéder à ce service

Pour bénéficier de l’accompagnement bénévole, il est conseillé de s’y prendre en avance. Les associations s’organisent selon la disponibilité de leurs équipes : le délai d’organisation est le plus souvent de 3 à 5 jours, voire une semaine pour les trajets longs ou inhabituels.

  1. Contactez votre mairie, CCAS ou l’association (noms listés dans le tableau ci-dessus).
  2. Préparez les informations indispensables : date et lieu du rdv médical, durée estimée du rendez-vous, besoins spécifiques (marche difficile, fauteuil, etc.).
  3. Sachez que le bénévolat n’est pas de droit : le service est conditionné à la disponibilité et à la compatibilité des trajets avec d’autres demandes.
  4. Prévoyez le règlement du défraiement directement au bénévole après le trajet, sur la base généralement indiquée à l’inscription.
  5. Si vous êtes aidant familial, ces dispositifs existent aussi pour prendre le relais ponctuellement.

Défis et enjeux pour l’avenir de l’accompagnement bénévole

Le succès du dispositif ne masque pas ses fragilités. Les réseaux font régulièrement appel à de nouveaux bénévoles : la moyenne d’âge des accompagnants dépasse les 65 ans, et la relève tarde à venir (Source : France Bénévolat 2023). Les distances augmentent à mesure que l’offre de soins se recentre sur quelques pôles hospitaliers.

  • Besoin de diversification des profils (actifs, jeunes retraités, étudiants)
  • Reconnaissance institutionnelle et soutien logistique
  • Renforcement de la coopération entre les structures : mutualisation, mise en commun des plannings et véhicules
  • Mise en visibilité du dispositif auprès des familles, des professionnels de santé et des élus locaux

Certains territoires expérimentent des « plateformes mobilités », associant transports solidaires, covoiturage, information sur les aides (par exemple en région Grand Est : voir grandest.fr). La Haute-Marne, forte de son expérience des solidarités rurales, développe aussi des partenariats avec les établissements de santé pour faciliter le passage de relais.

Perspectives et valeur humaine de l’accompagnement bénévole

Derrière la simplicité apparente de l’accompagnement bénévole, il y a la réalité concrète de la fraternité rurale : celle où l’entraide n’a pas disparu, mais prend de nouvelles formes. Loin du tumulte des villes, le bénévole haut-marnais demeure un « passeur » du quotidien, un chaînon d’équilibre pour les plus fragiles du territoire. Des projets naissent, modestes mais puissants, pour renouveler cette énergie solidaire. Chaque déplacement médical facilité est, à sa façon, une victoire sur l’isolement géographique et social – un fil tissé de confiance, de temps partagé et d’attention à l’autre.

Pour toute personne en Haute-Marne – que l’on soit habitant de longue date, nouvel arrivant ou simplement de passage – connaître et soutenir ces dispositifs, c’est prendre part aux beautés parfois cachées de notre département.

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