Pour mesurer l’utilité de ces transports solidaires, il faut écouter ce qui se raconte sur les marchés ou à la sortie des cabinets médicaux. 80 % des déplacements solidaires concernent des trajets de 5 à 35 km, surtout pour des consultations de spécialistes, rendez-vous à l’hôpital ou séances de kinésithérapie (Source : ADRAD).
Les bénévoles évoquent la diversité des situations : Madame Maillard « toujours le sourire », qui ne veut pas déranger ses fils installés à Paris ; Monsieur André, veuf depuis peu, qui ne sort plus guère de sa maison de pierre ; ou encore ce couple dont la voiture est tombée en panne, un jeudi de grand marché à Joinville. Les trajets sont parfois courts, parfois se répètent chaque semaine tout au long d’une rééducation.
Outre la mobilité, il s’agit d’un maintien du lien social, vital dans un département où l’isolement peut guetter à tout âge. Plusieurs bénévoles racontent que, lors du premier confinement, la demande s’est effondrée, mais le téléphone, lui, n’a jamais cessé de sonner. La voiture, souvent, devient prétexte à la conversation comme une parenthèse dans la routine.