Marcher en forêt de chênes et de hêtres, c’est suivre le fil d’une histoire naturelle et humaine tissée depuis des siècles. Ces futaies abritent une biodiversité remarquable : plus de 120 espèces d’oiseaux recensées (source : Ligue de Protection des Oiseaux Grand Est), de la chouette hulotte au pic noir, ainsi que chevreuils, sangliers, martres et, depuis peu, le discret lynx boréal dans les secteurs sud (source : ONCFS, 2023).
La flore offre un spectacle changeant : à la sortie de l’hiver, le sol des hêtraies se couvre d’anémones des bois et de jacynthes sauvages ; en mai, les clairières voient surgir les orchis mâles et les hellébores, alors que les chênaies accueillent une myriade de champignons dès septembre. Les arbres eux-mêmes n’en finissent pas d’impressionner. Certains chênes atteignent 5 à 6 mètres de circonférence (exemple du "Grand Chêne" d’Arc-en-Barrois, attribué au XVe siècle), tandis que la hêtraie d’Auberive porte encore, gravées sur les troncs, les marques laissées par les bûcherons du XXe siècle.
Au détour d’un sentier, il n’est pas rare de croiser les traces d’un passé industriel ou religieux : bornes gravées du XVIIIe siècle, alignements d’arbres plantés pour marquer l’assiette d’une forêt domaniale reboisée sous Napoléon Ier, ruines de cabanes charbonnières, ou anciennes « croix de bois » — autels forestiers où se tenaient jadis des processions au printemps.